30 décembre à Tours : contre la guerre en Palestine

30 décembre 2008 : les Tourangeaux se sont rassemblés place Jean-Jaurès pour dire leur refus des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza (nom de code : "plomb durci").
 
Au moment où la manifestation, bougies de l'espoir en mains, s'ébranlait dans la rue Nationale vers la Loire, la radio venait d'annoncer 320 morts du côté palestinien, plus de mille blessés, tandis que l'on recensait quatre morts du côté israélien.

La manifestation, décidée dans des délais très courts, a rassemblé du monde. Quelques drapeaux palestiniens, des banderoles. Des militants syndicaux et politiques se sont joints au cortège pour affirmer leur solidarité avec tous ceux pour qui la Palestine est une affaire de famille, une question politique qui touche à leur identité propre. Aux côtés de militants de gauche (par exemple notre ami Omar Akhrès), des responsables départementaux du PS étaient présents : Nicole Le Pape, membre du Comité fédéral, François Marotin et Jacky Paris, membres du Bureau fédéral.

Un cri s'est élevé, douloureux : "Israël assassine la Palestine !". Un Tourangeau ne pouvait oublier la plaque que sa Ville, dans la cour de la mairie, a dédiée à Isaac Rabin, l'un des négociateurs de l'accord d'Oslo, assassiné pour avoir voulu engager son pays dans la voie de la paix. Cela fait dix ans qu'un Etat palestinien devrait exister. On en est toujours à la guerre. Pour se préparer à une élection législative, en 2008, une guerre est considérée comme un argument électoral en Israël...

Bien sûr, le Hamas s'est imposé par la force dans la bande de Gaza. Bien sûr, il refuse toujours la reconnaissance de l'Etat d'Israël. Il se refuse à condamner et encore plus à décourager les attentats-suicides. Mais il est une réalité insupportable : Israël se refuse toujours à entamer des négociations sérieuses, même avec les Palestiniens qui sont prêts à poursuivre la voie d'Oslo. L'Amérique de Bush l'a soutenu dans cette position de pourrissement de la situation. Celle-ci est devenue explosive et touche le Moyen-Orient entier.

Les Israëliens ne souffrent pas moins de cette impasse. Dans une économie militarisée, dans un pays qui vit la hantise des attentats ou des projectiles meurtriers, la vie n'est pas facile.  Tout le monde a droit à la paix. Certains sont désormais si désespérés qu'ils ne pensent même plus qu'il y ait une solution possible.

Quelques-uns ne renoncent pas. Le chef d'orchestre David Barenboïm, malgré les difficultés, continue à rassembler musiciens israéliens et palestiniens dans des tournées internationales.

Shlomo Sand, professeur d'histoire à l'université de Tel-Aviv, dans Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), s'efforce de ruiner la validité des idées sur lesquelles se fonde la théorie du "Grand Israël" si chère aux fondamentalistes juifs. Dans un entretien avec Mediapart, il déclare :

" J’affirme que la légitimité idéologique et historique sur laquelle se fonde aujourd'hui l’existence d’Israël est fausse."

" D'un point de vue historique, je vous dis aussi : non, il n'y a pas de droit historique des juifs sur la terre de Palestine, qu'ils soient de Jérusalem ou d'ailleurs.

 

Mais je dis aussi, d'un point de vue plus politique : vous ne pouvez réparer une tragédie en créant une autre tragédie. Nier l'existence d'Israël, cela veut dire préparer une nouvelle tragédie pour les juifs israéliens. Il y a des processus historiques que l'on ne peut pas changer.

 

On ne peut donc pas éliminer Israël par la force mais on peut changer Israël. Une chose est importante : pour donner la chance à Israël d'exister, la condition est double : réparer, dans la mesure du possible, la tragédie palestinienne. Et créer en Israël un Etat démocratique. Le minimum pour définir un Etat démocratique est de dire qu'il appartient à l'ensemble de ses citoyens. C'est la base : on ne dira jamais par exemple que l'Etat français appartient uniquement aux catholiques. "


(voir : http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/170908/entretien-avec-l-historien-israelien-shlomo-sand-le-peuple-juif-n-exis)


Nous ne renoncerons pas à la paix au Proche Orient. Obama sera-t-il capable d'enclencher un nouveau processus de paix ? L'Union européenne s'engagera-t-elle dans un processus lui permettant de jouer un rôle stabilisateur au Moyen-Orient ? Les citoyens doivent faire entendre leur voix. A Tours, ils ont commencé à le faire.


François Marotin


Il est bon de connaître la position nationale du PS :


Communiqué de Martine AUBRY
Première Secrétaire du Parti Socialiste

" Martine AUBRY a fait part, le 28 décembre dernier, de l’immense préoccupation de tous ceux qui sont attachés à la paix, face à l’évolution de la situation au Proche-Orient.

L’escalade meurtrière de ces dernières heures et la poursuite de l’offensive militaire israélienne ne conduit qu’à de nouvelles souffrances pour les populations et à rendre plus incertaines encore les perspectives de sécurité et de paix dans la région.

Martine AUBRY en appelle à nouveau à un cessez-le-feu immédiat.

Elle réitère sa demande que le Conseil de Sécurité des Nations Unies prenne des positions contraignantes pour faire cesser les combats, et ceci dans les heures qui viennent. Le Parti socialiste attend des responsables de l’Union Européenne, qui se réunissent ce jour à Paris, qu’ils prennent position en ce sens et au-delà engagent toute initiative diplomatique, humanitaire et économique pouvant contribuer à l’établissement de la paix à Gaza et au Proche-Orient.

Le Parti socialiste souhaite que les responsables israéliens et palestiniens retrouvent le chemin de la négociation, nécessaire à une paix durable dans la région.
En lien avec l’Internationale socialiste (IS) et le Parti socialiste européen (PSE), il demande aux partis amis de la zone de conflit d’oeuvrer ensemble aux médiations utiles pour construire la paix.

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